Utilisateur:Narangerel
Sommaire
ℂ𝕙𝕒𝕡𝕚𝕥𝕣𝕖 𝟙 : ℙ𝕙𝕪𝕤𝕚𝕢𝕦𝕖
Ton visage a quelque chose de particulier. L’expression qui s’en dégage est teintée de douceur et de nostalgie. Tes yeux en amande contemplent le monde avec une certaine naïveté ; leurs pupilles sont d’un marron chaud. Ton nez domine le cadre : il est large, droit et busqué, donnant à ton profil quelque chose de singulier qui attire aussitôt le regard. Ton visage est constellé, ici et là, d’éphélides. Les adultes de ta tribus aimaient dire que le soleil n’arrêtait jamais d’embrasser tes joues quand tu étais bébé.
Et puis, il y a cette brûlure qui questionne. Elle s’étend de ta joue jusqu’à ton épaule, en passant par ta gorge. Tu présentes la même brûlure le long de ton flanc gauche. Tu possède également une autre brûlure qui, elle, est plus vielle et volontaire ; celle qui te lie à ton totem et qui encercle ton poignet gauche. Tes cheveux descendent en cascade, d’un brun foncé. Tu en prenais autrefois grand soin, mais ta condition ne te le permet plus : ils sont désormais secs, sales, parfois cassants. Cela te fait mal au cœur, tu dois l’admettre, en te souvenant de chaque coiffure que tu ne peux plus vraiment réaliser, faute de soins et de liberté.
Tu es quelqu’un de grand, au physique efféminé. De manière générale, on te décrirait comme androgyne : tes traits sont fins, ta taille est définie, et tes gestes sont portés par une douceur mesurée. Tu joues avec les codes du genre comme on jouerait une pièce de théâtre. Tu te fiches de l’image que tu renvoies, de la manière dont on te perçoit ou dont on te genre ; toi, tu t’amuses avec les étoffes, les couleurs et les textures, prenant plaisir à brouiller les pistes, bien que tu portes des guenilles à présent.
Ta voix n’aide pas non plus. Elle est empreinte de tendresse et de retenue lorsque tu parles. Elle n’est ni grave ni trop aiguë, mais un savant mélange des deux qui résonne comme une mélodie. Elle est également portée par l’assurance qui vient du fait que tu réfléchis avant de parler : pas de bégaiement, rarement de l’hésitation. Ta voix est claire comme de l’eau de roche. Ta posture va dans le même sens, nourrie surtout par cette assurance que tu te donnes, l’un des nombreux atours que tu revêts pour pallier un manque de confiance. Tu marches comme si tu avais toujours fait partie du décor, comme si tu connaissais les lieux. Même lorsque tu es perdu, tu donnes l’impression de savoir exactement où tu vas.
ℂ𝕙𝕒𝕡𝕚𝕥𝕣𝕖 𝟚 : ℂ𝕒𝕣𝕒𝕔𝕥𝕖𝕣𝕖
La première chose qui se distingue est ton expression. Elle est marquée par la distance, la réserve et un stoïcisme qui semble à toute épreuve. De toi, tu ne montres pas grand-chose. Tu gardes précieusement le tumulte qui te compose, cette mer qui te malmène et qui te noie. Tu es méfiant par nature, avant même que ce ne soit une chose qui t’ait été inculquée. Les Autres, dans leur globalité, sont des étrangers qui constituent une grande partie de tes craintes et de tes angoisses. Ton anxiété sociale est due à plusieurs facteurs que nous allons décrire petit à petit au cours de notre petit récit, ne sois pas si impatient.
Tu es donc méfiant. La seconde chose qui te distingue est le fait que tu sois un paradoxe. Méfiance et curiosité vont rarement ensemble et, pourtant, te voilà à observer le monde comme s’il avait tant de choses à t’offrir. Voici un premier paradoxe. Tu n’aimes pas quitter le campement, mais tu t’en éloignes inévitablement, comme si autre chose t’appelait au loin. Tu explores les environs avec l’envie enfantine de déterrer, un jour, un trésor ou bien de découvrir des ruines appartenant à un temps révolu. Tu es également curieux des Autres : de leurs manières, de leurs coutumes, de leurs croyances, de tout ce qui les compose, et en même temps, instinctivement, tu en as si peur. Il faut dire que tu as été bercé par tant d’histoires qui t’on rendu méfiant des Eyjarskas, tandis que la mise en escalvage t’a également rendu craintif envers les sudistes et leurs étranges pratiques.
L’intuition… puisque le sujet est abordé, parlons-en. Ton clan avait cette magnifique particularité de se lier à des animaux-totems. Le tien, de mémoire, est un corbeau. Nous le décrivons comme un oiseau de mauvais augure et c’est ainsi que nous pouvons te décrire : tu es un oiseau de mauvais augure. Rien de péjoratif là-dedans, non, c’est même pour toi un rôle d’une grande importance. Tu es celui qui annonce les malheurs pour permettre aux tiens de s’en prémunir et de les éviter. Une bien trop grosse responsabilité pour des épaules aussi frêles que les tiennes, mais tu prenais cela très à cœur, si bien que tu portes leurs morts comme un fardeau, une faute dont tu dois te racheter un jour.
Tu n’es pas vraiment quelqu’un qui parvient à gérer ses émotions, mais à la différence de certains, toi, tu parviens à le masquer. Sous la dureté de ton regard se cache tant de choses : une ivresse de joie. Un typhon de tristesse. L’éruption d’une colère. Tu es quelqu’un d’hypersensible. Ce que tu ressens, tu le subis, ça te submerge et pourtant, rien ne se laisse percevoir. Parce que l’oiseau de malheur n’a pas le temps de l’être, malheureux. Toi, tu te dois de veiller sur les autres, non sur toi. D’ailleurs, tu es quelqu’un d’empathique. Tu perçois les maux des autres, tu les comprends et tu as cette faculté à vouloir trouver solution pour les soulager. Tu tends la main, tu écoutes, tu prends avec toi un peu du fardeau des autres, car il faut croire que le tien n’est pas assez lourd comme ça. Tu ne te prédestinais pas à cela, mais, en grandissant, c’est comme devenu une évidence pour toi d’étudier les maladies et les remèdes, avec cette volonté naïve de rendre le monde bien moins horrible en soignant, en préservant un jour de plus la vie de quelqu’un.
Et c’est là l’une de tes plus grandes peurs : l’atélophobie. Crainte irrationnelle de la médiocrité. Tu hais l’échec. Tu hais ne pas être à la hauteur. Tu hais qu’on te regarde avec déception. Tu hais quand tu n’atteins pas la valeur que les autres te prêtent. La moindre chute. Le moindre soupir. « Combien de temps avant que je ne déçoive ? » Ça tourne en boucle. Ça t’agrippe. Ça t’écorche. Ça t’étouffe. Ça te vide et t’évide. Tu te surmènes. Tu en fais trop. Tu rumines. Et tu te détestes à chaque fois que tu n’y arrives pas. Tu as ce besoin de rendre les autres fiers de toi. D’accomplir la simple chose qu’on te demande : préserver les tiens. Et tu en cauchemardes la nuit. L’incendie. Les cris. Les pleurs. L’odeur de la chair brûlée. Tu as failli à l’unique tâche qui t’incombait. Tu n’as préservé aucun des tiens. Pire encore, la Faute est gravée dans ta chair afin de ne jamais oublier l’unique malheur que tu n’as pas su voir.
Au-delà de tout ceci, tu es quelqu’un appréciant l’art et ce qui en dégage. Une peinture, une composition, un chant, tout ceci déclenche en toi une réponse émotionnelle. Peut-être les rares fois où il est réellement possible de te voir en émoi. Tu es également sensible à l’esthétique, à tout ce qui est beau. C’est d’ailleurs une chose qui est remarquable chez toi : tu aimes paraître beau, soigné, élégant. Tu joues avec les couleurs, les textures, tu fais également de ton corps une toile, un moyen d’expression. Tu vis d’une certaine manière à travers l’art et, paradoxalement, tu as horreur d’être le centre de l’attention. Oui, encore un. Tu n’es fait que de paradoxes, jeune ami. Cela te met mal à l’aise. Crée chez toi une dissonance. Tu te fais beau pour toi, non pour les yeux des autres, mais les Autres aussi regardent, jaugent, critiquent parfois. Tu as un monde bien à toi, après tout. Et ça, c’est en partie dû à ton manque de confiance : en toi ; en les Autres.
Et l’anxiété dans tout cela ? Pardon ? Nous avons dit anxiété social ? Oh non, voyons non, cela ne serait pas drôle s’il n’y avait que cela. Comment ne pas être dévoré par une anxiété généralisée avec autant de choses ? T’en dors mal la nuit, t’oublie de manger, tu guettes le moindre signe. Tu te ronge les ongles, te balances si souvent et tu rentres dans ce cercle vicieux.
Parce que l'oiseau de malheur n'a pas le temps d'être malheureux.
Rapport à la religion : Les croyances tiennent une place essentielle dans ta vie. Tu ne les prends jamais à la légère. Chaque geste, chaque choix est guidé par ce que l’on t’a transmis, et tu veilles à ne jamais trahir ces enseignements — encore moins ceux des Sept Mers, pour lesquelles tu éprouves un respect profond. Il ne s’agit pas de préférences, mais d’affinités. Élevé au sein de la tribu des Käksi, tu as toujours prié Kalafiskur. Tu la pries encore, régulièrement, comme on s’adresse à une mère que l’on n’a jamais vraiment quittée. En tant qu’apothicaire, tu travailles aussi aux côtés de Raakavann ; son soutien t’accompagne au quotidien et te guide. C’est d’ailleurs pour préserver ton Oykor que tu as refusé d’apprendre l’art des poisons.
Ta mise en esclavage, après le raid d’Eyjarskas en 521, tu ne la vois pas comme un simple malheur. Tu y lis une épreuve imposée par Svartsjö. Une épreuve à endurer, à honorer, pour expier ta Faute : d’avoir été aveugle au malheur qui arrivait. Au-delà des Mers — que tu aimes autant que tu les crains, comme on aime et redoute une mère — ce sont les Haäver qui hantent ton esprit. Enfant, trop d’histoires ont pris racine en toi. Depuis, tu fais tout pour ne contrarier personne, de peur d’attirer leur regard et leur malédiction. Souvent, peut-être trop souvent, tu demandes des Roeda au Thrall. Le doute et la peur te gagnent facilement. Alors tu cherches à savoir. Comprendre t’apaise. Te préparer te rassure.
ℂ𝕙𝕒𝕡𝕚𝕥𝕣𝕖 𝟛 : 𝕊𝕒𝕧𝕠𝕚𝕣-𝕗𝕒𝕚𝕣𝕖
De tes mains, tu sais faire tant de choses, et tu as cette envie constante d’apprendre et d’être polyvalent. De par ton métier, tu connais la flore et ses propriétés curatives. Tu as d’abord appris auprès de Yerentai, un doyen de ton clan, puis auprès de Rose-Marie, qui était l’infirmière de ton ancien maître, Anatole.
Tu sais également pêcher, une compétence que ta famille paternelle transmet à ses enfants. Tu aimais passer des heures à remonter les rivières avec ton père, attrapant autant de poissons que vous le pouviez. En plus de nourrir les tiens, cette compétence t’a permis d’apprendre la patience et le respect de la vie.
Avec les os, tu parviens à faire tant de choses, autant en sculpture qu’en voyance. Tu t’amuses même à confectionner des ilgaak à partir d’os plus gros et plus solides. C’est un art que tu as appris seul dans un premier temps, puis auprès d’un sculpteur d’os d’un autre clan. Enfin, ta tendre mère t’a appris à jouer du morin khuur, éduquant ainsi ton oreille et ta sensibilité artistique.
ℂ𝕙𝕒𝕡𝕚𝕥𝕣𝕖 𝟜 : ℂ𝕙𝕣𝕠𝕟𝕠𝕝𝕠𝕘𝕚𝕖
506 — Naissance
512 — Apprend la pêche
516 — Apprend le morin khuur
518 — Se lie à son totem, Sokhatai
519 — Rencontre Askarïa, nouvelle Thrall de leur tribu
520 — Début dans le métier d'apothicaire
521 — Raid Eyjarskas, mise en esclavage, sera acheté par Anatole et ira vivre à la Sublime
525 — Mort d'Anatole, direction Esperia ou il sera vendu à Aymon et retrouve Askarïa.
ℂ𝕙𝕒𝕡𝕚𝕥𝕣𝕖 𝟝 : 𝔸𝕟𝕔𝕚𝕖𝕟 𝕡𝕖𝕣𝕤𝕠𝕟𝕟𝕒𝕘𝕖
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