Réduit Arbitré

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Cet écrit a été rédigé par Alarich Dornfeld, et se trouve sur la nouvelle Esperia.

Du réduit Arbitré

A l'attention du futur lecteur tombant sur ce papier. Ce court essai expose une doctrine élaborée à une époque où l’île d’Esperia est déchirée par des fractures politiques, religieuses, individuelles... Jusqu'au point où le pouvoir dominant est finalement celui d’un tranquille chaos généralisé. Chaque individu, tendant à devenir souverain dans l’isolement, voit s’effriter toute forme d’autorité collective, tandis que les pouvoirs qui jadis existaient s’évanouissent. Cette doctrine propose un cadre de pensée sans pour autant préciser les contours exacts du gouvernement ou de la politique du Réduit Arbitré car ces aspects relèvent d’un autre débat. Cependant, l’auteur insiste sur un point central : être bourgeois du Réduit, c’est à la fois jouir de privilèges et assumer des responsabilités, afin d’assurer la pérennité de cet ordre.


I. De la Nature du Réduit

Lorsqu’un peuple Arbitré se retrouve minoritaire, il est une certitude qu’il se retrouve dépendant de la volonté de gens qui ne seront jamais totalement bien-arbitrés. Face à cette infortune, certains érudits conseillent l'assimilation. Pourtant se fondre, adopter les coutumes des plus forts, accepter que l'effacement mène à l'acceptation, est, selon moi, là le chemin de la mort lente de la droiture. Mais je les pardonne car les fausses opinions ressemblent à la fausse monnaie qui est frappée d'abord par de grands coupables et dépensée ensuite par d'honnêtes gens qui perpétuent le crime sans savoir ce qu'ils font. Un peuple Arbitré qui renonce à sa capacité de faire loi a déjà cessé d'exister et il n'attend plus que l'inhumation. D'autres conseillent la révolte générale ouverte. Je dis que c'est le chemin de la mort rapide. Il reste une troisième voie, la seule qui préserve la semence pour la saison des semailles : le Réduit Arbitré.

II. Définition et Principes

J'appelle Réduit Arbitré un Kanton ( litt. "coin") volontairement resserré comme un quartier, une rue fortifiée, un îlot de maisons etc… où les Arbitrés se rassemblent non pour fuir le combat, mais pour choisir le terrain de leur survie sans chercher à faire couler plus de sang. Ce Réduit est une reconcentration stratégique de la souveraineté Arbitrée. Là où les Arbitrés sont dispersés, leur voix est un murmure. Là où ils sont rassemblés, leur voix porte jusqu'aux confins du bourg. Ainsi la force ne réside pas dans le nombre seul, mais dans la capacité à agir de concert. Cent hommes dispersés sont une foule. Cent hommes retranchés sous une même bannière sont une armée.

III. Des Règles du Réduit

Un Réduit viable repose sur trois piliers, sans lesquels il n'est qu'un campement précaire :

Premièrement : L'Exemplarité. Le Réduit doit être administré avec une rigueur sans faille. Ses rues seront propres, ses comptes équilibrés, une activitée financée, ses conflits réglés avec une justice si évidente que nul n'osera en contester l'autorité. Les Arbitrés y vivront non en exilés, mais en démonstrateurs. Chaque jour de prospérité est une preuve que leur manière de se gérer est supérieure.

Deuxièmement : L'Accessibilité. Le Réduit ne sera pas une forteresse close. Ses portes resteront ouvertes même aux Non-Arbitrés de bonne volonté. Le marchand qui cherche un prêt honnête, l'artisan qui fuit l'arbitraire tribal, le paysan qui veut porter plainte sans craindre des représailles… Tous devront trouver au Réduit ce qu'ils ne trouvent plus ailleurs : une justice prévisible. Ainsi, peu à peu, le Réduit deviendra indispensable et un modèle. En effet d’après moi la loi juste n'est point celle qui a son effet sur tous, mais celle qui est faite pour tous.

Troisièmement : La Patience. Le Réduit ne cherche pas la conquête immédiate. Les Non-Arbitrés, dans leur gouvernement dispersé et chaotique, finiront inévitablement par se diviser. Les querelles de préséance, les rivalités marchandes, les vengeances personnelles etc… Tout pouvoir qui n'est pas un temps soit peu unifié porte en lui les germes de son émiettement. Ce jour venu, les habitants ordinaires, fatigués du désordre, tourneront leurs regards vers le seul endroit où règnent encore l'ordre et la prévisibilité. Celui-ci se réinstallera sur les territoires après l’affaiblissement des factions qui l'avaient chassé.

IV. La nécessité

Je n'ignore pas ce que cette doctrine peut avoir d'humiliant pour un cœur fier. Se retrancher et attendre, cela répugne aux jeunes fougueux qui rêvent de charges héroïques et de batailles. Le réduit sonne pour mes compatriotes Hura comme celui d’un ostat bien qu’il y ait assurément une différence. Mais j'écris pour ceux qui veulent durer, non pour ceux qui veulent briller et l'âge honorable à laquelle j’écris, les nombreux combats que j’ai mené et les nombreux doutes ou assurance me permettent de croire que la véritable vertu n'est pas de frapper toujours plus fort, mais de savoir quand frapper et surtout, de savoir quand attendre.

Alarich Dornfeld, Esperia, février 526.