Discours sur la souveraineté esperienne

De Wiki'speria
Aller à : navigation, rechercher

Le statut de cet écrit est public. Cela signifie qu'il est accessible à tout le monde mais que votre personnage doit l'avoir vu ou lu en RP pour que vous puissiez consulter cette page. Dans le cas contraire il s'agit de métagaming. 

Cet écrit a été rédigé par Desrausiers, et se trouve sur l'ancienne Esperia, inaccessible pour le moment.

Discours sur le possible accord pour la souveraineté esperienne

Avant toute chose il me paraît nécessaire, afin de légitimer ma prise de parole publique, de me présenter sommairement. Je me nomme Romain Desrausiers et ai toujours vécu à la Capitale à l’exception près de mon service au sein de la Légion Royale. J’ai reçu une instruction rigoureuse dans un monastère, auprès de dévots vertueux. Je traiterai ici, en tant qu’observateur humble mais avisé, de l’avenir politique d’Esperia, territoire sans maître et sans légitime revendicateur sinon l’Etat qui s’y est établi par la nature des choses et le sens commun depuis l’an 511.

Tout d’abord il me faut clarifier la raison qui me pousse à disserter ainsi alors que je pourrais sans grande difficulté promouvoir un modèle du Monde Ancien, et il se trouve que c’est précisément la cause pour laquelle nous devrions qualifier Esperia de “Monde nouveau”. Esperia, l’île sur laquelle nous nous trouvons, n’est redevable politiquement à aucune puissance ancienne, quoique ses fondateurs furent principalement issus du Royaume Central, et son organisation ne peut se contenter d’imiter ce qui existe déjà, dans la mesure où elle est d’une nature tout à fait singulière, unique.

L’essence d’Esperia est d’être une terre de refuge, d’une relative indépendance, composée de sept principales communautés : capitaline, hura, caroggianne, adaarionne, ocolidienne, qadjaride et vaahva. Elle est probablement la terre la plus diversifiée de ce monde, et jamais des communautés si éloignées d’ordinaire n’auront été concentrées en une ville. De ce fait, l’idée de peuple esperien est impensable, celui-ci étant trop hétérogène, ne partageant rien en coutumes et n’ayant en commun qu’une institution instable et changeante. De plus, les communautés qui le composeraient s’opposent parfois radicalement dans leurs intérêts, empêchant d’emblée l’idée de volonté générale ou de bien commun, et l’utilité publique n’existe pas, puisque le public est sans cesse contesté, intéressé, voire inadapté.

En effet, comment une loi, une magistrature, un corps politique entier pourrait-il se tenir droit et faire valoir des règles communes à un ensemble disparate et contradictoire ? En pratique, les vaahvas ne répondent pas des mêmes règles de vie que les huras, d’autant que les vaahvas eux-mêmes sont parfaitement différents d’un endroit à un autre. Les enfants nés en Esperia n’atteignent pas l’âge encore de considérer ces questions de vertu, de bonnes moeurs, et il y a par ailleurs fort à parier qu’ils obéiront aux enseignements de leurs parents. Dès lors, établir la loi esperienne commune ne peut faire sens, tant les paradigmes moraux et les conceptions de ce qu’est la vertu diffèrent d’une communauté à l’autre. Celle-ci sera nécessairement perçue comme illégitime par une partie de la population à moins d’être extrêmement neutre, ce qui n’est pas une solution en soi et ne permet pas pour autant le développement de la Cité et la concorde entre les habitants.

Par conséquent, il n’existe en Esperia aucune forme de souveraineté véritable et complète à exercer sur la ville, sur les habitants esperiens. De toute évidence, un droit ne pourrait se légitimer unanimement contre tant de diversité, et l’autorité politique, dégradée, ne peut s’exercer dans ces conditions. C’est ainsi que la quête du pouvoir et sa pratique se transforme en jeu de domination d’une communauté sur les autres plutôt que d’une tentative d’accéder au bien commun, général, de la cité esperienne. Devant l'hétérogénéité des souverainetés présentes en Esperia, l’île devient le lieu d’un combat des communautés entre elles, vers une guerre implicite mais perpétuelle pour la domination, avec ses accès de violence, ses temps de répit, ses triomphes et ses échecs. Cette vérité, à laquelle je tente d’accéder, se traduit à mon sens par un remous politique constant depuis la fondation de la cité, mais aussi par ce que je nommerai la fatale préférence de son ancienne demeure, c’est à dire la promotion quasi-systématique des individus pour les usages politiques qu’ils ont connu sur le continent. Or, cette guerre perpétuelle n’est pas tolérable pour le projet esperien, à moins d’affirmer qu’une communauté doit prévaloir sur les autres, ce qui n’est pas souhaitable, ou qu’Esperia n’est qu’une nouvelle Ocolide, ce qui ne l’est pas non plus.

Une solution à ce paradoxe pénible de ce cas nouveau que représente Esperia s’offre à moi, et c’est le sujet de mon discours que de le présenter aux concernés de l’île. Il est effectivement un possible accord, une proposition qui permettrait de créer ce bien commun et cet intérêt général esperien qui n’existe pas actuellement, selon un principe similaire à celui-ci : une terre nouvelle, ouverte à tous. De même, il permettrait de restaurer la souveraineté esperienne à travers son état, indépendant des puissances continentales comme des intérêts particuliers des communautés du sol esperien. Cette souveraineté étatique, pour son bon fonctionnement dans l’intérêt public, nécessite donc d’être déléguée au profit du citoyen suprême faisant preuve d’abnégation : le Souverain.

Il doit, naturellement, être l’homme du consensus, de l’unification, de l’assimilation, de la place publique, du centre, autour duquel les communautés et les intérêts privés gravitent. Pour que ce soit un homme de qualité qui soit choisi, et qu’il soit adopté par la population dans sa globalité, il doit à mon sens être élu par un conseil dont les membres seraient les représentants des communautés esperiennes, à l’exception peut-être des qadjarides dont la nature les pousse à vivre hors de la société. Ce même conseil serait à l’origine de directives consultatives pour le Souverain. En somme, il faut à Esperia un tyran choisi pour affirmer sa souveraineté et son unité. Enfin, en ce qui concerne sa compétence, le Souverain est systématiquement l’homme de la compétence par la délégation qu’il peut faire de sa souveraineté, pouvant la reprendre à son bon vouloir, et pouvant ainsi choisir des hommes qualifiés pour chaque situation.

Cette idée politique de tyran choisi offrirait donc à Esperia une tranquillité durable et un développement assurant sa pérennité, et sa paix définitive. Elle ne demande qu’à être contestée et débattue.

Romain Desrausiers