Hors RolePlay :
Une écriture à la plume sur une large feuille au teint clair semblant avoir été faites pour l'occasion. L'écriture est soignée et ronde, on semble y avoir pris du temps à l'écrire.RolePlay :
Je réponds ici publiquement à l’ultimatum (que l’on peut clairement définir ainsi) du Munkstrid Ölvir Silfur.J’ai lu votre missive administrative avec l’attention qu’elle mérite. Permettez-moi d’y répondre point par point, en citoyen qui respecte encore les formes.
-Concernant les parcelles majorées :
Vous avez raison sur un point : je ne verserai pas un seul sou à une intendance qui applique des règles mouvantes et menace ses administrés plutôt que de les écouter. Je n’ai jamais refusé de payer un impôt juste. Je refuse de cautionner un système fiscal absurde, appliqué avec mépris.
-Concernant vos “attentes” d’excuses :
Je n’insulte pas. Je conteste. Je ne crie pas. J’argumente. Si le désaccord vous est insupportable, c’est que vous confondez autorité et autoritarisme. Oui je m’excuse mais je m’excuse d’avoir défendu mon opinion face à un sourd et un orgueilleux.
-Concernant l’Académie :
Elle a été concédée par le Pacte du 1er août, un accord solennel dont vous étiez vous-même témoin. L’Académie n’est pas un bien locatif. Si le Seigneur ou le Grand Intendant souhaitent violer cet accord, qu’ils le disent clairement de toute manière qui d'autres après moi défendra cet accord ?
-Enfin, concernant le dialogue :
Je suis venu vous voir pour discuter, pas pour m’incliner. Vous n’avez pas supporté qu’on remette en question vos affirmations. Un véritable dialogue suppose l’écoute, pas la soumission. Je reste ouvert à une discussion raisonnée, civile, mais je n’accepterai ni chantage, ni humiliation.
Je n’ai pas peur de vos portes enfoncées, de vos amendes, ni de vos plaintes.
J’ai peur en revanche d'une Esperia où l’on préfère les menaces aux débats, les ultimatums aux compromis, et le silence poli au désaccord franc.
Désormais je m’adresse au delà de ça à Esperia.
Peuple d'Esperia, ouvrez les yeux (ou l'œil) ! Par Arbitrio je ne reconnais plus cette cité.
Où est passée la Raison ? Où est passée la Loi ? Je regarde autour de moi et je ne vois plus qu'un théâtre d'ombres où la folie se pare des atours de la normalité.
Un homme se voit arracher un œil dans une parodie de justice même pas explicitée. Et que voyons-nous ? Non pas l'indignation d'un peuple civilisé, mais une résignation voire pire… un relativisme ! Une apathie si épaisse… et complice. Olvir et les autres hochent la tête, actant cet acte comme on acte qu’il pleut ou qu’il fait beau. Depuis quand la mutilation est-elle devenue un détail du paysage ?Je vois la justice périr dans un soupir d'indifférence ou de complicité.
Et moi qui ose rappeler les fondements d'une société, qu'ai-je reçu en échange ? Lorsque j'apporte des idées, des solutions, on me répond par le mépris le plus sourd. On ne daigne même plus débattre ! On tourne le dos et esquisse un ricanement. Le conflit d'idées, sève de toute cité qui pense, est mort. Vous préférez donc somnoler dans votre confort silencieux que d'affronter le bruit du désaccord ?
Regardez Kahina ! La justice l'a condamnée à un suivi à une rédemption. Où celà c’est joué ? Nulle part. Le verdict s'évapore comme la rosée et la vie continue dans l'insouciance. Où sont les conséquences ? Où est la cohérence de notre monde ? Je l’avoue… ne vous comprends pas. Je ne vois plus cette ville comme arbitré.
Je peux encore disserter sur le mille-feuilles administratif du code et des bans entre chaque quartier, sur cette absurdité qui veut qu’un homme se fasse appeler “Munk Olvir” plutôt qu’Intendant. Que signifie ce titre ? Une fantaisie ? Une prétention à une sagesse monastique dont ses actes sont si éloignés ? Il édicte des règles tatillonnes sur les enseignes et les horaires de vente, multiplie par trois l’imposition. Voilà le genre d’homme qui incarne aujourd’hui votre autorité : un bureaucrate du dérisoire, sourd envers ceux qui ne composent pas son cercle proche et qui a l’audace de questionner mon arbitrage. On marche sur la tête.
Je ne suis pas un fou. Je suis le miroir que vous brisez parce qu'il vous renvoie une image trop crue de votre dérive.
Vous voulez que je me taise ? Que je retourne dans ma bibliothèque gribouiller des "trucs rigolos" pendant que vous jouez à votre petite comédie sans règles et sans âme ?
Non. Par Arbitrio je refuse cette complicité par le silence. Je clame ici, sur ces murs, qu’Esperia perd son âme. Qu’elle ne sombre pas sous le coup des armes mais par la lâcheté de ceux qui ayant le pouvoir de penser et d'agir choisissent l'apathie, le mépris et l'incohérence.
Si cela fait de moi un paria, un illuminé à vos yeux, qu'il en soit ainsi.
Mais au moins, j'aurai annoncé officiellement que cette ville entre officiellement dans un âge sombre.
Par conséquent, toutes les lumières de l’académie seront éteintes désormais. Il faudra compter sur la vôtre, mais celà ne devrait pas poser de problème à ceux qui n’en foulent jamais le parvis.
Quant à ma place, je vous la laisse car cette ville pour qui j’ai voué mon travail et une partie de ma vie n’en vaut plus la peine. Cette cité ne reconnait même plus les érudits qui la compose c’est bien là une plaie qui n’existait pas même du temps de Lothaire Truffaud ou du Condottière Nicolas Veretti !
Je me retire de cette ile ce mardi. Que cette affiche vous inspire ou soit royalement ignorée, ça n'a plus d'importance.
Perkele !
Signé,
Kaarlo Laïne, Scholaste de l'Académie (quoi que ça veuille dire désormais) , 21 décembre 525.