Un Combat Utopique pour Esperia

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Cet écrit a été rédigé par Thémis, et se trouve sur la nouvelle Esperia.

Un Combat Utopique pour Esperia

par Thémis Lunargent

Préface

Si j'écris un livre sur mes opinions des différents conflits ayant eu lieu à Esperia, ce n'est pas pour convaincre quiconque de ma dévotion. J'invite tous ceux qui sont persuadés de ma malhonnêteté de ne plus lire une seule ligne de ce livre.

Je refuse de leur céder ne serait-ce que l'enseignement de ces pages.

Chapitre 1 : Des conflits perpétuels

Ce que l'on constate lorsque l'on porte un regard objectif sur l'histoire d'Esperia, ce sont des conflits qui ne cessent jamais, et qui pourtant n'ont jamais les mêmes instigateurs. Chacun d'entre eux est à chaque fois convaincu de se battre pour l'ordre et le bien d'Esperia, et pourtant se trouve radicalement opposé à des hommes qui auraient très bien pu être ses alliés.

Tous les groupes qui se sont formés depuis les premiers colons ont ainsi créé des conflits entre eux, tandis qu'ils poursuivaient en réalité exactement le même objectif. Certes, ils ont tous eu des visions différentes de la manière dont ils doivent l'atteindre, mais en vérité chaque groupe est formé bien avant l'élaboration de cet opinion, façonné lentement de commun accord entre les différents membres à l'aide de quelques discussions dispersées dans le temps. Plus le groupe est récent et petit, et plus cet opinion est vague, voire non-formé. Au contraire, lorsqu'il est ancien et influent, il a une vision très précise de la manière dont il se battra.

Quelle est donc la raison pour laquelle ces groupes décident de se battre plutôt que de chercher à établir dès le départ une manière qui convient à tous d'atteindre l'ordre et le bien de leur patrie ?

Chapitre 2 : Les raisons de ces conflits

Je distingue deux raisons.

La première est l'intérêt personnel. Rares sont ceux qui n'hésitent pas à se sacrifier si cela permettra à Esperia de progresser vers l'ordre et le bien. Et même ces derniers demandent une contrepartie : la reconnaissance éternelle de la patrie, ne serait-ce qu'à l'aide de monuments ou d'écrits. Dans la première moitié des cas, ceux qui refusent un opinion le font par intérêt personnel, et dans la quasi-totalité des cas, ils le font inconsciemment.

La seconde, elle, est le relationnel. Presque toujours, les hommes décident de se lier à d'autres qu'ils apprécient pour leur comportement, et limitent ce groupe de relations. Ils se placent dès lors en position d'opposition envers ceux qu'ils ont déterminé comme n'en faisant pas partie, ou du moins ils cherchent à défendre uniquement leurs relations au dépit des autres. Dans la seconde moitié des cas, ceux qui refusent un opinion le font pour leur cercle de relations, et encore une fois, ils le font bien souvent inconsciemment.

De ces deux raisons similaires et compatibles naît le groupe d'intérêt. Le groupe d'intérêt intègre donc des membres qui cherchent à accomplir leur objectif premier : installer l'ordre et le bien d'Esperia, mais qui cherchent aussi, en grande majorité inconsciemment, à se battre contre les autres groupes pour devenir les plus avantagés de la situation. Ils en viennent jusqu'à se convaincre eux-mêmes que ces derniers sont mal attentionnés et égoïstes.

Peut-on donc affirmer que toute quête de l'ordre ou du bien d'Esperia ne fera qu'annuler les actions des autres, et sera donc vaine ?

Chapitre 3 : Un Unique Combat

La vanité des conflits est certaine. Mais celle du Combat commun ne l'est pas. En poursuivant leurs propres buts et en entrant en conflit vainement, les groupes d'intérêts façonnent ensemble, qu'ils le veuillent ou non, un équilibre entre les différents opinions, qui ont tous un apport différent à faire parvenir à l'ordre. Lorsqu'un groupe d'intérêts décide de prendre des risques pour son opinion, il détruit cet équilibre et fait varier la tendance à court terme vers lui, puis à plus long terme vers ses opposants. Tout au long de l'histoire, une telle prise de risques a valu à chaque groupe qui l'a tentée sa perte totale ou quasi-totale, certains membres s'en sortant de peu, toujours inconsciemment ou non, mais quoiqu'il arrive le groupe est détruit.

La "perte" d'un groupe est toujours la dissolution de celui-ci. Cette dernière peut s'opérer de différentes manières. En général on observe soit une dissolution forcée par les autorités (dissolution officielle dans le cas d'une famille ou application de peines judiciaires les forçant à se séparer voire à mourir), soit une dissolution accidentelle (départs, morts, troubles internes...) soit une dissolution quasi-voulue (départs massifs).

Aucun groupe ne s'est dissolu de manière totalement voulue depuis la fondation d'Esperia. Chacun s'est battu jusqu'au bout pour leur opinion, que le groupe d'intérêts ait été grand ou petit. Cette persévérance notable fait en sorte que dès que la perte d'un groupe s'opère, l'équilibre détruit fait soudainement beaucoup progresser la patrie vers l'ordre, et surtout vers l'opinion des avantagés de la situation, et ce jusqu'à ce que très rapidement une nouvelle opposition fasse surface pour empêcher l'opinion de provoquer par des décisions trop extrémistes un effet régressif et non plus progressif. C'est à ça que sert le contre-pouvoir : il modère pour limiter à la progression seule, même s'il peut arriver que ce contre-pouvoir devienne trop conséquent et surtout borné, immobilisant la progression jusqu'à ce qu'un nouveau groupe d'intérêts prenne de forts risques pour faire changer la donne, subissant par la suite les effets cités précédemment qui permettent de le limiter dans des actes uniquement bienfaiteurs. On peut donc aller jusqu'à considérer que les conflits ne sont vains que dans leur application première, et qu'en vérité ils ont un effet positif au long terme sur Esperia.

Peut-on dès lors appliquer cette théorie dans absolument tous les conflits qui sont survenus, et ainsi n'en tirer aucune leçon ? N'y a-t-il donc aucun moyen de faire progresser Esperia vers l'ordre et le bien tout en évitant les effets néfastes des conflits ?

Chapitre 4 : Deux exceptions

Il y eut à mon goût deux exceptions aux phénomènes observés juste au-dessus.

La première, sans doute qu'actuellement personne n'en entend plus parler. Il s'agissait d'un groupe d'intérêts définis en tant que famille politique nommée les Azelians, dirigée par le Gouverneur incontesté et adoré de toute la population : Kemelvor Kemaltar. Ce dernier oeuvra sans opposition de la part d'autres groupes d'intérêts et avec une manière de tous les contenter en discutant avec eux et en tentant de comprendre les divers opinions afin d'en tirer un savoir objectif. Inutile de préciser à quel point c'était un travail long et pénible que d'écouter tout le peuple à longueur de journée, mais le Gouverneur parvenait à l'accomplir car les Esperiens étaient trois fois moins nombreux qu'actuellement. Le reste de la famille était composé de personnages à forte influence politique : le Capitaine de la garde, le maire de Rivelame, les deux seuls architectes officiels de la ville, un des nobles les plus anciens... Ils contrôlaient Rivelame et veillaient au bon fonctionnement de toute la ville grâce au gouvernement et la diversité de lieu de vie de tous leurs membres. Le succès de ce groupe d'intérêts, non-seulement à titre personnel mais aussi à titre commun, car ils sont sans contestation la famille qui a le plus fait progresser la ville, est à mon goût uniquement dû à Kemelvor Kemaltar.

C'est un homme qui dès le départ a été plongé dans un environnement de grands troubles en arrivant à Esperia, et qui en a tiré une leçon très importante : il faut écouter tous les partis pour en tirer le meilleur, et contenter et contrôler tous les partis pour leur retirer le désir de surpasser les autres. En arriver à une telle conclusion, c'était d'abord abandonner toute considération pour l'élaboration d'un opinion de groupe. Et en effet, jamais Kemelvor n'a eu d'opinion propre à lui, et il en allait de même pour les Azelians. Voilà ce qui fit de Kemelvor une exception pour son impartialité presque parfaite, qu'il s'efforçait toujours de parfaire. Malheureusement, ce travail sans fin acheva de lui-même la persévérance de ce dernier qui demeurait malgré tout humain. Sa tâche a le grand mérite d'avoir réunis pendant une certaine période l'avis de toute la population tout en parvenant à éviter les conflits, et même d'une certaine manière la formation de groupes d'intérêts.

La seconde est bien plus récente.

Peut-être qu'avoir fait partie de ce groupe obscurcit mon jugement, mais je demeure tout de même certain que le contexte de ces événements a un caractère totalement unique dans l'histoire d'Esperia. Il s'agit en effet d'un groupe d'intérêts composé par : Durzann, Bill Moscaw, Thémis Lunargent et en moindre mesure Phoenix Skÿrn. Comme nous l'avons vu précédemment, tous les groupes d'intérêts se sabordent involontairement après avoir donné la vie à une partie de leurs idées (les moins extrêmes) et ayant pris de forts risques vis-à-vis des autres groupes. Ce groupe-ci a beaucoup perdu à cause des risques qu'il a pris : chaque membre a eu une perte, minime ou grande. Mais le meneur du groupe d'intérêt Durzann prit compte de l'avis des autres et alla jusqu'à mettre fin à l'application de ses idées très soudainement. Il fit un acte d'impartialité comparable à ceux de Kemelvor et mourut même pour cet acte d'impartialité, faisant alors comprendre aux autres groupes qu'il n'était ni mal-attentionné ni égoïste, et que par conséquent il ne faisait que chercher le bien d'Esperia, tout comme eux. Désorientés, chaque groupe se remit en cause pendant un certain moment, et se réorienta ou non par la suite vers l'avis de Durzann, reprenant alors la certitude d'avoir toujours joué le bon rôle pour Esperia dans cette histoire, et d'encore le jouer.

Durzann fut une exception pour ce seul acte. Et son groupe fut une exception pour avoir survécu à la prise de risques, la tendance s'installant pour leurs idées à court comme à long terme, et faisant ainsi progresser Esperia vers le bien et l'ordre avec une bien plus maigre opposition, et donc bien plus rapidement.

Chapitre 5 : Utopie

En analysant tous ces faits et tous ces comportements, je ne vois que deux solutions qui permet d'éviter la formation de conflits et de groupes d'intérêts. Deux solutions pour construire une société idéale et sans problème qui progresse ensemble sans aucun ralentissement vers le bien et l'ordre.

La première solution est utopique comme son effet l'est aussi. En effet, il s'agit de défaire tous les groupes d'intérêts et oublier tous les actes passés et toutes les rancunes pour ne former qu'un seul groupe d'intérêt qui travaillera ensemble à la prospérité d'Esperia et le dépassement des autres nations. Tous les membres devraient alors s'efforcer de toujours se remettre en cause et de ne jamais agir pour soi-même en prenant pour exemple l'impartialité de Kemelvor. Il ne devrait y avoir aucun homme plus favorisé qu'un autre pour éviter tout désir de progression sociale vis-à-vis des autres et toute jalousie. Aucun dirigeant. Uniquement des médiateurs : des hommes neutres. Cela ferait de la société d'Esperia une société régie par un seul mode de pensée, retirant toute liberté d'action personnelle aux individus qui la composent :seule la liberté commune aurait de la valeur. Voilà pourquoi cette solution ne peut être appliquée qu'avec de grands sacrifices, et de la part non pas d'un seul homme mais de tous, ce qui, à mes yeux, n'arrivera sans aucun doute jamais.

La deuxième solution me paraît aussi utopique, mais je crois en elle. Il s'agit de trouver un homme qui tout comme Kemelvor et Durzann est prêt à faire des sacrifices et à n'agir que pour l'impartialité commune. Cet homme devrait ne rejoindre aucun groupe d'intérêt et ne s'élaborer aucun opinion à part celui des bienfaits de l'impartialité et progresser socialement seul. Une fois sa progression achevée, il devrait alors atteindre le sommet d'Esperia pour la mener vers le bien et l'ordre. Il n'y a pas d'autre conclusion possible : l'homme impartial viendra pour diriger Esperia et lui indiquer où trouver l'Ordre et le Bien. Il peut être n'importe qui, n'importe où, et arriver n'importe quand.

Peut-être est-il déjà parmi nous.